Monsieur le Premier ministre,
Les informations les plus graves et les plus alarmantes nous parviennent de Guadeloupe. Pour la première fois depuis cinq semaines de grève générale, les forces de l’ordre massées en nombre par le Gouvernement interviennent brutalement contre les piquets de grève qui barrent les principales voies de circulation de l’île.
Des travailleurs et militants ont été blessés et il a été procédé à des arrestations. Ces actes dénotent une ferme volonté du Gouvernement de casser par la force un mouvement démocratique, massif, pacifique et légitime, qu’il se refuse à prendre au sérieux.
Par votre action répressive, vous prenez un risque de pourrissement. J’estime que la démocratie exige l’arrêt immédiat de toutes les interventions policières et des emprisonnements de militants, ainsi que l’ouverture de véritables négociations.
Je vous rappelle à ce sujet que depuis des dizaines de jours, le collectif « Lyiannaj Kont Pwofitasyon » (LKP) et les 49 organisations qui le composent, en particulier les organisations syndicales, demandent une réponse à leurs 133 revendications, – notamment celle de 200 euros d’augmentation du SMIC –, formulées par les travailleurs et la population de l’Outre-mer. Il est évident que votre refus de répondre positivement aux revendications est pour beaucoup dans l’impasse actuelle.
Dans l’attente de vous lire,
Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération.
Jean-Jacques CANDELIER
Député du Nord
