Monsieur le Ministre d’État,
J’ai rejoint le 5 février l’opération escargot lancée par l’intersyndicale SNCF de la gare de Somain pour protester contre l’abandon des activités de trafic diffus. Je serai encore aux côtés des agents et de la population le 20 février pour dire ma colère à Valenciennes.
C’est avec une grande amertume que je prends acte du manque de volonté de l’État dans ce dossier. Alors que 450 000 wagons étaient expédiés des triages de la région en 2002, seulement 160 000 l’étaient en 2009, de Somain, seul triage à subsister dans la région.
On savait que les effectifs et les horaires de travail se réduisaient comme peau de chagrin sur le terrain, contrairement au discours tenu dans les cabinets ministériels. Aujourd’hui, j’apprends que l’attentisme du Gouvernement se traduira carrément par l’arrêt complet, en décembre, de l’activité de tri par gravité de Somain.
J’ai toujours l’intime conviction que l’État peut mettre son veto au plan de restructuration de Fret SNCF. Il peut financer directement le wagon isolé, qui est, certes, financièrement déficitaire, mais est tellement bénéfique d’un point de vue social si l’on intègre les coûts environnementaux et ceux liés aux transports routiers.
Au lieu de cela, le Gouvernement continue de faire la sourde oreille et se réfugie derrière sa politique du tout rentable en matière de fret. Mais développer le fret uniquement rentable économiquement est un non-sens écologique. Vous n’arriverez pas à me faire croire que l’on peut réellement défendre l’environnement sans changer la règle capitaliste de rentabilité financière.
Assurer l’avenir de la planète exige une réduction de l’émission des gaz à effet de serre et une réduction de notre consommation des produits pétroliers. Le transport est l’une des activités les plus consommatrices en énergie pétrolière. Il représente 21,6 % des émissions de polluants atmosphériques en France, le secteur routier représentant à lui seul 96 % de ce chiffre.
Je continue donc à réclamer un moratoire sur le plan national de restructuration de la SNCF, qui abandonne le trafic diffus.
Je continue à réclamer un financement public direct ou indirect du trafic diffus, la mise en place d’une tarification des transports routiers intégrant la totalité des coûts environnementaux et d’usage d’infrastructure, la baisse du coût des sillons et l’amélioration de leur qualité, avec la prise en charge par l’État de la dette de RFF.
Le trafic diffus doit être déclaré d’utilité publique. Vous n’en voulez pas. J’en prends acte. Vous pouvez compter sur moi pour l’expliquer à la population.
Veuillez recevoir, Monsieur le ministre d’Etat, l’expression de ma haute considération.


